Bons plans

Etre mariés, qu’est-ce que ça change ?

Voilà, le jour J est passé, vous vous êtes dit oui. Qu’est-ce que ça change ? Tout.Et rien. Vous êtes encore son « chou », lui est toujours votre « chat », vous n’êtes pas plus fan de ses soirées poker, il ne comprend pas davantage la nuance capitale entre un vernis rouge médium et un vernis bordeaux… Et pourtant. Désormais, vous avez la bague au doigt, et ce symbole de votre union exige du monde entier qu’il vous appelle « Madame » et « Monsieur ». Ce n’est pas rien ! Mais encore? Aperçu de ce que vous allez devoir bousculer dans votre quotidien.

Formulaires et formalités à remplir

Qui dit couple marié dit nouveaux droits et, accessoirement, nou­veaux devoirs. Certes, la tonne de paperasse n’était pas en haut de votre liste de mariage, mais il va falloir composer avec cet aspect pour le moins rébarbatif des changements qui attendent les nouveaux mariés que vous êtes.

D’autant plus que négliger cette partie pourrait bien se retourner contre vous, administration et histoires d’amour ne faisant pas nécessairement bon ménage. Votre livret de famille va servir, il est donc recommandé de lavoir à portée de main. Autant prendre les choses du bon côté, donc, et y voir la première occasion d’affronter ensemble, main dans la main, le monstre de papier.

Dans tous vos états… civils.

Vous venez de changer de statut. Vous n’êtes plus deux céliba­taires vivant maritalement, mais un couple certifié par les instances publiques et (peut-être aussi) religieuses.

Même s’il est coutumier en France pour une jeune mariée de porter le nom de son époux, ce n’est plus une obligation depuis le 6 Fructidor An II, soit le 23 août 1794. Madame a en effet le choix de garder le sien, d’y ajouter celui de son mari ou de renoncer à son nom de jeune fille et prendre celui de son homme. Si elle opte pour l’une des deux dernières possibilités, il lui faudra se munir de son tout nouveau certificat de mariage et en informer les services administra­tifs concernés, pour qu’ils puissent changer sa CNI (Carte Nationale d’identité), son passeport, etc. Il vous faudra aussi penser à changer votre permis de conduire et la carte grise de votre véhicule.

Changements de votre nom et celui des enfants

Un critère important est à prendre en compte dans la décision de changer de nom ou pas : les enfants éventuels. Cela peut en effet se révéler un peu kafkaïen au passage de certaines frontières :

– « Je vous dis que ce sont mes enfants !

-Ah bon ? Pourquoi ne portent-ils pas le même nom que vous ? »

Obligation de communauté de vie

Vous voilà soumis à l’obligation de « communauté de vie ». Cela im­plique un lieu de résidence commun, ce qui est d’ailleurs un prérequis pour la mairie dans laquelle sera célébré votre mariage civil. Rien ne vous empêche cependant d’avoir un domicile distinct de cette résidence commune, si toutefois vous avez décidé que mariage ne signifiait pas nécessairement vivre sous le même toit.

L’administration fiscale et le mariage

Soyons honnêtes, la perspective de payer moins d’impôts n’est pas la motivation première d’un mariage (enfin, a priori), mais ça ne gâche rien !

N’oubliez pas d’informer votre centre des impôts de votre nouveau sta­tut. A vous la déclaration commune en un seul exemplaire ! Enfin, pas immédiatement. L’année de votre mariage, il vous faudra remplir trois documents : deux déclarations de célibataires (du 1er janvier au jour de votre mariage) et une seconde de couple marié (de la date du mariage au 31 décembre).

Que ceux qui souhaitent optimiser fiscalement leur mariage sachent qu’il vaut mieux se dire oui en milieu d’année (sixième ou septième mois), surtout si vous n’avez pas d’enfants à charge.

La Sécurité Sociale, les mutuelles et la CAF

Avec la CAF, c’est un peu l’inverse des im­pôts : vous aurez moins de droits ensemble que célibataires. Le calcul de vos droits se fera désormais en fonction des revenus de l’ensemble du foyer. Côté sécurité sociale, vous bénéficiez des prestations de votre conjoint. Ne tardez pas non plus à informer votre mutuelle et vos assurances, elles vous permettent quasiment toujours de bénéficier de la couverture de votre conjoint.

Ne pas oublier non plus

La banque

Compte joint, pas compte joint ? C’est à vous de voir. L’essentiel est de savoir que vous pouvez disposer librement de vos gains et salaires respectifs, et il n’est pas nécessaire d’avoir l’aval de son conjoint pour ouvrir un compte de dépôt.

Et aussi

Les fournisseurs de gaz et/ou d’électricité, le fournisseur d’accès Inter­net, votre employeur… Cette liste n’est, bien entendu, pas exhaustive et il sera toujours temps de changer, le moment venu, cartes de visite, cartes de fidélité, e-mail, profil sur les réseaux sociaux, nom sur la boîte aux lettres, etc. Ce n’est ni le plus urgent ni le plus important.

Charge symbolique et sentiment de sérénité

Il n’y a fort heureusement pas que le pensum administratif dans votre panier de mariés ! Changer de statut, devenir l’époux ou l’épouse de quelqu’un, c’est à la fois une rupture dans la représentation que l’on a de soi-même et dans la façon dont les familles, les proches, les rela­tions de travail et les administrations nous perçoivent aussi. Un miroir de nos propres parents, l’officialisation, en quelque sorte, d’un statut d’adulte à part entière et, corollairement, une forme d’adieu à l’enfance ou à l’adolescence. Il y a aussi, souvent, ce sentiment assez indicible de sérénité, de sécurité même.

Nombreuses sont les personnes que le mariage rend beaucoup plus zen face aux événements, à la vie. Très concrètement, il arrive par exemple qu’une mariée ne se sente véritablement légitime dans sa belle-famille qu’après le mariage, même après avoir vécu plusieurs années avec celui qui n’était pas encore son mari et avoir eu des enfants avec lui. Ce qu’un simple oui et un anneau peuvent changer relève donc un peu de la magie.

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